
Maison Rouvenat : une découverte inattendue dans l'univers des bijoux
L'histoire de Rouvenat – telle qu'elle se présente aujourd'hui – commence dans une boutique d'antiquités à Paris en 2022, lorsqu'une découverte extraordinaire fut faite.
Plus de 100 ans auparavant, Rouvenat comptait parmi les maisons de bijouterie les plus prestigieuses du XIXe siècle : elle partait l'élite européenne de diadèmes, de médaillons transformables et de broches en rosette. La maison avait été fondée par l'orfèvre Léon Rouvenat en 1851, mais, faute de successeur, elle avait fermé ses portes peu avant la Première Guerre mondiale.
Retour en 2022 : 3 000 dessins originaux de Léon (ainsi que certains de son associé Christofle) ont été découverts dans une boutique d’antiquités parisienne, tous en parfait état, rassemblés dans 12 carnets reliés en cuir. Cette découverte a donné lieu à la réouverture de la Maison Rouvenat, qui opère aujourd’hui depuis Paris sous la direction artistique de Sandrine de Laage.
Nous avons discuté avec Marie Berthelon, cofondatrice et PDG de Rouvenat, de ce que signifie faire revivre une maison chargée d’histoire – et de la manière de la faire évoluer vers l’avenir.
Racontez-nous comment Rouvenat a pu renaître.
« L’aventure a commencé par la découverte, dans une boutique d’antiquités parisienne, de plus de 3 000 gouaches historiques signées par Léon Rouvenat. Certaines d’entre elles — extrêmement rares — portent la double signature de Christofle et de Rouvenat, les deux hommes ayant été associés au début du XIXe siècle. La volonté de remettre en lumière ce trésor du patrimoine français est le moteur de notre mission ; fondée il y a plus de 170 ans, notre Maison est ancrée dans le passé tout en étant résolument tournée vers l’avenir. Nous avions également le profond désir de transformer le secteur de la joaillerie que nous aimons tant et de l’orienter vers le développement durable. C’est pourquoi Rouvenat est la première maison de joaillerie entièrement circulaire : l’or recyclé, les gemmes vintage, les designs inspirés du Second Empire et les boîtes à bijoux surcyclées insufflent tous une âme au cœur de nos créations. »
Qu’est-ce qui vous a particulièrement séduit dans les croquis de Léon Rouvenat ?
« Nous avons osé mettre en avant un style unique, distinctif et mémorable, inspiré de ses archives du Second Empire. Ces croquis sont incroyablement différents : très graphiques, presque architecturaux, ils définissent un style qui va au-delà du simple Design. Notre directrice artistique, Sandrine de Laage, s’est plongée dans ces archives avant de les clôturer et de transposer ses créations dans l’ère moderne, tout en restant fidèle à l’ADN de Léon Rouvenat. À travers nos inspirations, nos créations et notre approvisionnement, nous bouclons la boucle entre « le passé, le présent et l’avenir ».
Comment voyez-vous cette histoire se refléter dans les pièces créées aujourd’hui ?
« Chez Rouvenat, tout est lié, ancré dans le passé, mais toujours en mouvement. La collection Bolt évoque le célèbre « Bijou Rosace » du XIXe siècle sans pour autant lui ressembler. La collection Unlock, quant à elle, met en avant la marque de fabrique de Léon Rouvenat au XIXe siècle — la « Serrure » — au sein d’un design résolument moderne. Nous ne concevons jamais un bijou en nous demandant s’il sera à la mode. Nous nous demandons si elle sera encore portée avec émotion dans cinquante ans. »
Avez-vous une pièce de la Collection vers laquelle vous revenez personnellement ?
« Toutes les pièces Rouvenat me font me sentir spéciale et unique. J’ai un faible pour les pierres, d’autant plus qu’elles portent toutes une histoire unique. La bague « Frame » revêt une place particulière à mes yeux. Mais j’aime aussi beaucoup porter au quotidien le collier « Unlock » en nacre. »
Comment envisagez-vous l’avenir de Rouvenat ?
« Notre objectif n’est pas d’être présents partout, mais d’être aux bons endroits, avec les bons partenaires, pour une clientèle d’exception. Nous privilégions une croissance durable plutôt qu’une expansion rapide, et des liens authentiques plutôt que la communication de masse. L’avenir des Bijoux ne réside plus dans la production à outrance, mais dans la qualité du design. »
Une maison fondée il y a plus de 170 ans, relancée par des personnes qui ont compris que ce que Léon Rouvenat avait laissé n’était pas seulement des archives, mais un point de vue — un point de vue sur lequel il vaut la peine de s’appuyer. Les pièces sont architecturales là où la plupart des bijoux sont décoratifs, et ancrées dans un moment précis de l’histoire française qui leur confère une clarté de référence que la plupart des marques contemporaines ne peuvent qu’espérer atteindre.







